Effet collatéral de la grippe porcine appelée plus sobrement, grippe A ? Depuis le 29 avril, certains pilotes et équipages d’Air France ont refusé d’assurer des vols à destination du Mexique en invoquant le droit de retrait. Quelques jours plus tard, ce furent des bagagistes d'Orly qui bloquèrent le déchargement de plusieurs avions en provenance d'Espagne et du Mexique… Disposition du Code du travail, le droit de retrait permet en effet au salarié qui estime courir un danger grave et imminent de quitter son poste. Il s’applique dès lors que le salarié a un motif raisonnable de penser que le danger existe, même si cela ne correspond pas à la réalité… Et cela n’implique aucune conséquence en termes de salaire !
Les salariés disposeraient-ils ainsi d’une arme de destruction massive de l’économie de l’entreprise à la moindre angoisse ? On imagine déjà les pompiers rester dans leur caserne en cas d’incendie ou les infirmières déserter les hôpitaux en période d’épidémie… Mais évidemment, il n’est pas question de droit de retrait lorsque les conditions dangereuses font partie intégrante des fonctions. Et puis les tribunaux n’hésitent pas à sanctionner les abus et utilisations illégitimes.
Qu’en est-il de la pandémie de grippe A ? Le cas est exemplaire. Une entreprise exposée qui n’aurait pas stocké des masques, prévu un plan de communication, pensé l’organisation, etc. pourrait être considérée comme responsable et par là même légitimer le recours au droit de retrait…
La sécurité des salariés est bien du ressort de l’entreprise. Au-delà des risques de poursuite des dirigeants, la pérennité de l’activité peut être remise en question. Alors, le chef d’entreprise doit ajouter à ses casquettes de chef d’orchestre, manageur, visionnaire, financier, juriste, développeur, celle de « préventeur » ! Sans oublier de sauver l’entreprise de la crise économique… Le travail c’est la santé ?